Qui crée la monnaie domine le monde

Publié le par contrepoison

bruegel chasseurs dans neige l

 

  

   

L’argent dette, de Paul Grignon

 

Une vidéo circule de plus en plus sur le web, ces dernier temps, « l'argent dette » de Paul Grignon. Extrêmement pédagogique, elle explique comment l’argent est créé par les banques, en contrepartie d’une dette, c'est-à-dire d’une promesse de remboursement. Les titres qui circulent dans les marchés, et en particulier les titres hypothécaires, correspondent donc à des « promesses » dont la valeur est, comme toute promesse, intimement liée à la foi qu’on leur accorde. Cela permet de mesurer à quel point la confiance est au cœur du système monétaire et financier. Sans confiance, ces promesses de remboursement n’ont aucune valeur et la monnaie créée n’est la contrepartie de rien.

 

 

L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo

 

L’autre intérêt de cette vidéo est qu’elle montre que les ménages, les entreprises et les administrations sont tous endettés. Mais auprès de qui ? En réalité, personne ne prête l’argent qui augmente la dette globale, vu qu’en général, le niveau d’épargne d’une économie est toujours inférieur au volume de la dette. L’argent est donc créé par les banques au moment des emprunts. Conséquence : si l’argent est créé par la dette globale, cela signifie que la dette globale est nécessaire à la croissance économique. Sans augmentation de la dette, pas de création monétaire et donc pas de croissance. Dès lors, il est absurde de vouloir réduire la dette publique, et dangereux, même, de vouloir la rembourser. Cela reviendrait à détruire de la monnaie. D’ailleurs, comme le montre le tableau suivant, les pays qui ont cherché à réduire les déficits publics (l’Espagne, le Royaume-Uni notamment), sont aussi ceux pour lesquels la dette privée a le plus augmenté, la seconde devant nécessairement se substituer à la première pour qu’il n'y ait pas destruction monétaire.

 

Endettement comparé en % du PIB en 2006

 

Dette_Europe

 

Source: Sapir 2008

 

La seconde partie de la vidéo (après la première demi heure), plus politique et polémiste, doit être considérée avec prudence. Deux raisonnements sont en effet incomplets. Tout d’abord, l’idée selon laquelle la dette globale augmente de façon exponentielle est fausse. Deux mécanismes viennent réduire les mécanismes de création monétaire : la faillite des emprunteurs (dont le volume n’est pas négligeable) et l’inflation (qui n’est pas évoquée à ce moment-là de la vidéo). En effet, si les taux d’intérêt sont égaux à l’inflation, alors le volume de la dette globale reste stable en valeur. Si l’on prend en compte les faillites, il faudrait alors que les taux d’intérêt bancaire soient légèrement supérieurs au taux d’inflation pour empêcher la croissance de la dette. Au total, il n’y a aucune raison pour considérer que sur le long terme la croissance monétaire est exponentielle. La période actuelle montre qu’on peut détruire massivement de la monnaie lorsque la sphère financière décroche trop de la sphère réelle.

 

L’autre analyse infondée concerne la relation entre croissance économique et limites écologiques. L’argument selon lequel il ne peut y avoir de croissance durable dans un monde fini est fallacieux. En effet, la croissance économique n’est pas nécessairement une croissance matérielle qui suppose un prélèvement supplémentaire de ressources naturelles. En réalité, la dimension matérielle de la croissance est faible. Les services sont nettement majoritaires dans la production d’une économie et ceux-ci ne sont pas consommateur de ressource. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier que la croissance n’est jamais qu’une création de valeur. Or, il n’y a pas nécessairement corrélation entre la valeur d’un bien et son impact écologique ou sa consommation de ressources. Je ne suis pas sûr par exemple, qu’un écran LCD soit plus consommateur de ressources qu’un écran à tube cathodique. Les voitures d’aujourd’hui sont plus économes en ressource que celles d’il y a 30 ans. Cela ne les empêche pas d’avoir davantage de valeur. Enfin, le recyclage, est une matière de créer de la valeur supplémentaire en diminuant l’exploitation des ressources de la planète.

 

Au total, cette vidéo est extrêmement intéressante et pédagogique, mêmes si certains raisonnements sont incomplets dans sa deuxième partie. Pour avoir enseigné les mécanismes de création monétaires, je sais à quel point c’est difficile à faire comprendre. La première demi-heure est à ce titre un chef d’œuvre sur le plan pédagogique.

Posté par novemberleaf à 11:43 - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tags : Argent Dette, crise financière, monnaie

Commentaires

Destruction massive?

 

Je ne comprends pas votre raisonnement.

Vous etes d'accord il me semble pour dire qu'il faut CONTINUELLEMENT de nouveaux emprunts pour payer les précédents ? que nous sommes sans systeme monétaire permanent.

Si nous ne remboursons pas en faisant de nouveaux emprunts, les dettes nous rattrapent. C'est une continuelle fuite en avant.

 

Vous dites que : La période actuelle montre qu’on peut détruire massivement de la monnaie lorsque la sphère financière décrocher trop de la sphère réelle.

 

Désolé, mais quelle destruction voyez vous ?

les 700 milliards (plus de 1200 au total depuis 2 ans) injecté par la FED est un emprunt au nom du peuple américain, donc de l'argent tout neuf, avec intérêts, cré à partir de rien , qu'est ce qui est détruit ? si ce n'est strictement rien, puisqu'au lieu de laisser mourrir ces sociétés (banques) et leur dettes, on les rachetes au nom des peuples, idem en Europe.

 

Donc je ne comprend pas comment la période actuelle peut voir une destruction massive de la monnaie, quand on rembourse le principal disparait, mais l'intérêt reste, je ne vois pas comment la croissance monétaire ne peut etre qu'autre qu'exponentielle, surtout qu'on est a 11% en moyenne par an de croissance de la masse monétaire sur la zone euro (sur les 10 dernieres années en moyenne), pour une croissance réel de l'économie entre 0 et 2

Posté par Team Bankster.tv, 10 octobre 2008 à 13:24

Limites à la création monétaire

 

Bonjour, et merci pour votre réponse. Il y a 2 mécanismes qui permettent de limiter le volume de monnaie créé.

 

Le premier c'est la faillite. C'est ce à quoi nous assistons en ce moment. C'est pour cette raison que je parle d'une destruction massive de monnaie (et donc de dette puisque nous sommes d'accord pour dire que c'est la même chose). En effet, quand les ménages, les entreprises ou les banques font faillite, leur dette n'est jamais remboursée. Elle disparaît de l'économie (puisque la dette n'est qu'une promesse de remboursement, n'est-ce pas? Si cette promesse passe par la fenêtre, la dette disparaît). Les 700 milliards du plan Paulson ne correspondent pas à une augmentation du volume global de la dette car ils servent justement à racheter des créances privées (et donc de la dette). C'est un mécanisme qui vise à substituer de la dette publique à la dette privé. Et comme il est vraissemblable que cette transformation se fasse avec dévaluation, il y a de fortes chance pour qu'au final, le volume de la dette public soit inférieur au volume de la dette privé. L'idée est d'arriver à diminuer progressivement le montant total de la dette sans passer par de trop nombreuses faillites.

 

L'autre mécanisme est l'inflation. Si, mes intérêts sont de 3%, mais que l'inflation est de 4% (comme au début de l'année 2007), le préteur perd de l'argent. La valeur remboursée sera inférieur à la valeur prétée. Bien sûr, en nominal, le volume d'argent sera toujours plus important, mais la dette aura été dévaluée in fine. Donc, le banquier perdra beaucoup d'argent dans l'affaire. Le taux d'intérêt n'est pas qu'une prime de risque. Il vuise aussi à compenser les effets destructeurs de la l'inflation.

 

On peut même considérer que l'inflation existe justement pour équilibrer le système et l'empêcher de faire faillite. Les systèmes d'étalon or, ou le système que vous proposez, sont des systèmes dont les mécanismes de création monétaires ne sont pas inflationnistes pour la bonne raison qu'ils sont fondés sur des contreparties réelles (métal précieux ou actifs créé par les administration). En ce sens je trouve votre proposition tout à fait juditieuse et intéressante.

 

En revanche, le système monénaire actuel fondé sur la dette bancaire pourrait très bien se maintenir indéfiniment sans s'effondrer, à partir du moment où le niveau d'inflation est suffisant. L'erreur fondamentale des banques centrale, au cours de ces dernières années, est d'avoir cherché à comprimer l'inflation au-delà du raisonable, en négligeant les effets stabilateurs de la hausse des prix.

Posté par Novemberleaf, 10 octobre 2008 à 13:25

On est d'accord

 

En fait on est d'accord sur tout, sauf que les 700 milliards (qui sont au moins 3 fois cela si vous comptez ce qui a été déjà injecté, et ce qui va etre injecté, on reprend tous les chiffres sur la page crise de notre site). Ces 700 milliards sont crés avec intérêts, intérêts que le peuple américain et européen (pour les injection BCE) devra payer.

Hors le problème est bel et bien là, actuellement que ce soit l'Europe ou les Etats-Unis, on ne rembourse PLUS LE CAPITAL, on arrive à peine a rembourser les intérêts.

Tout cela ne poserait aucun problème si nous n'étions pas déjà endettés au niveau ou nous le sommes, avec le PEAK OIL derriere nous, le systeme ne s'en remettra jamais.

Vous avez raison ils peuvent le faire vivoter quelque temps à force d'injection.

Posté par Team Bankster.tv, 10 octobre 2008 à 13:27

merci

 

Christian Gomez, Docteur d’Etat en sciences économiques, ancien élève du Prix Nobel Maurice Allais et directeur de banque à Zurich

Samedi 11 octobre 2008

 

L’économie mondiale est au bord du gouffre. Tout le monde s’interroge sur la sécurité et la valeur de son épargne et beaucoup subiront demain le chômage et l’angoisse du lendemain. Les pertes économiques et financières promettent d’être considérables. Pourquoi? Une raison de fond: le mode de création monétaire dans nos économies. A l’heure où cette crise marque la faillite quasi-totale de la plupart des schémas intellectuels en vogue au cours des vingt dernières années, le temps est peut-être venu de penser «out of the box» et de proposer des solutions radicalement nouvelles. En l’occurrence, la solution proposée s’inscrit dans une lignée prestigieuse des plus grands et des vrais économistes libéraux de notre temps: Irving Fisher, l’Ecole de Chicago et Milton Friedman, Maurice Allais…

 

Peu d’économistes nieront que les causes de la crise d’aujourd’hui résident dans une expansion démesurée des agrégats monétaires et de crédit. En fait, même si celle-ci a donné lieu à plus de débordements que d’habitude, elle ne diffère pas dans sa cause ultime de celles qui l’ont précédée et cette raison, c’est le pouvoir de création monétaire des banques. Pour bien comprendre ce point, il faut résumer le mode de fonctionnement du système monétaire en trois traits:

 

- Les banques, par leurs opérations de crédit, disposent du pouvoir monétaire, c’est-à-dire du pouvoir de créer ou de détruire de la monnaie;

 

- La mise en œuvre de ce pouvoir dépend en fait des «humeurs» d’acteurs privés: les désirs conjugués des banques de prêter et des agents économiques d’emprunter;

 

- De ce fait, l’évolution de la quantité de monnaie en circulation, dont dépendent les fluctuations de l’activité économique et le mouvement des prix, résulte de décisions «privées» et est soumise aux emportements des acteurs économiques.

 

Par ailleurs, ce système aux origines historiquement frauduleuses distord indûment la répartition des revenus, car le privilège de création monétaire crée une rente, qui n’est pas différente conceptuellement des gains qu’obtiendrait dans son activité une association de faux-monnayeurs qui achèterait des biens et/ou des actifs sur le marché ou prêterait à d’autres personnes avec la monnaie fabriquée.

 

Vouloir modifier cette situation, c’est d’abord vouloir rendre le pouvoir de création monétaire, et la rente qui lui est attachée, aux seules autorités monétaires et, in fine, à l’Etat, qui retrouverait ainsi la plénitude de son pouvoir «régalien»; ensuite faire en sorte que tous les types d’investissement soient financés par de la «vraie» épargne, c’est-à-dire que le crédit bancaire soit financé par des dépôts d’épargne à maturités fixes sans aucune transformation possible des échéances pour éliminer tout germe d’instabilité.

 

Pour réaliser cet objectif, un des grands partisans de ce système, le Prix Nobel français (1988) Maurice Allais, a proposé dans de nombreux travaux de séparer les fonctions bancaires en les faisant exercer par des entités distinctes, principalement:

 

- Les banques de dépôts, qui ne s’occuperaient que de la gestion des encaisses des clients (cash management), en les couvrant à 100% par de la monnaie de base (banque centrale) et en se faisant rémunérer pour ces services.

 

- Les banques de prêts, qui recevraient les dépôts à terme/d’épargne et les prêteraient à des termes légèrement plus courts aux emprunteurs.

 

Les conséquences de la mise en œuvre d’un tel système seraient considérables. Du point de vue de la politique économique, le contrôle total de l’offre de monnaie donnerait des moyens très efficaces de régulariser l’évolution économique et l’inflation, tout en prévenant tout risque systémique. Du point de vue de l’efficacité économique, non seulement la gestion des encaisses serait optimisée par les banques (baisses des coûts) et par les agents économiques (du fait du coût d’usage de la monnaie), mais le rôle régulateur des taux d’intérêt dans l’orientation de l’épargne et la sélection des investissements serait magnifié. Enfin, en ce qui concerne la répartition des revenus, la capture de la «rente» monétaire permettrait d’obtenir une recette budgétaire supplémentaire d’un montant significatif (pour la zone euro, en première approximation, l’équivalent de la moitié de l’impôt sur le revenu pour un taux de croissance de la masse monétaire de 4,5%). Par ailleurs, du fait des caractéristiques du processus de transition du système actuel au système projeté, une large partie des problèmes liés à l’existence d’une dette publique imposante serait réglée, comme nous le montrons ci-après.

 

Difficile à mettre en oeuvre? Pas vraiment. Dès la décision de réorganisation prise, les banques actuelles seraient invitées à se transformer en holdings bancaires (voir schéma ci-dessus). Pour couvrir les besoins en monnaie de base nécessaires au passage des dépôts à vue dans les banques de dépôts, les techniques les plus simples de la titrisation pourraient être utilisées, parmi d’autres solutions possibles. Les banques actuelles créeraient chacune des structures de titrisation ad hoc auxquelles elles vendraient le montant de créances nécessaires détenues à leur bilan, le financement étant assuré par l’émission de notes souscrites par la banque centrale. Comme les banques resteront en charge du service de ces créances (recouvrement des intérêts et du principal), aucune interruption des relations clients ne serait à prévoir et, comme ce service serait rémunéré, le compte d’exploitation des banques serait protégé.

 

Dans la période de transition, on assisterait à un double mouvement conjugué au fur et à mesure du remboursement des créances placées dans la structure de titrisation: d’un côté, la banque centrale, pour éviter tout recul de la masse monétaire, les remplacerait à son bilan par des achats de titres publics; de l’autre, les banques de prêts renouvelleraient à l’échéance les créances initiales à partir des dépôts d’épargne effectués par leurs clients. C’est dans ce processus que se trouve une solution, radicale elle aussi, au problème de la dette publique puisqu’une part substantielle de celle-ci serait absorbée par la banque centrale qui rétrocéderait les intérêts de cette dette à l’Etat sous forme de profit de l’institut d’émission.

 

Ce système n’a jamais vraiment existé, même si des économistes prestigieux ont soutenu des approches similaires. Contre lui, il y a le poids des idées reçues sur l’inéluctabilité du système actuel et le choc des intérêts. Rendre la rente de la création monétaire aux citoyens, sous forme d’une ressource budgétaire, forcément, cela ne plait pas à tout le monde et surtout pas aux banquiers… Mais peut-être que les peuples pourraient s’intéresser à un système qui leur assurerait la prospérité, en libérant l’initiative, et la sécurité, en éliminant les «manias» qui ruinent périodiquement nos économies. Et si la refondation d’un nouveau capitalisme passait par là?

Posté par bankster, 16 octobre 2008 à 21:28

Dette

 

Bonjour,

 

J'ai du mal à comprendre la notion de dette pour un Etat et encore plus la notion de "dette globale". Quelles en sont les conséquences ? Si un particulier ne peut rembourser un prêt, ses biens sont saisis. Si c'est une entreprise, elle fait faillite. Mais si un Etat est endetté, que se passe-t-il, j'imagine qu'il essaie de rembourser mais sachant qu'il fait les lois, il peut prendre tout son temps. Quels sont les risques concrètement ? Une dépreciation des valeurs (valeurs de quoi ?) par rapport aux autres pays ? Et imaginons que tous les pays soient endettés, quels sont les problèmes que cela engendrent ? J'imagine que les banques n'ont qu'à créer de la monnaie quitte à déprécier la valeur des choses pour se rembourser toutes seules ? Ce qu'on risque seraient donc qu'une perte de valeur vis-à-vis de valeur de la monnaie en circulation et non une "dette globale" ?

 

Merci d'avance à ceux qui voudront bien m'éclaircir l'esprit :)

Posté par Alev, 18 octobre 2008 à 23:14

une solution vraiment durable

 

Le film me paraît assez bien, très didactique (je laisse tomber les idées de complot qui me paraissent aujourd'hui sans intérêt) sauf sur les propositions formulées : pourquoi ne pas aller un cran plus loin et proposer une monnaie de consommation, une monnaie distributive ?

 

Schématiquement : Dans les pays soviétiques, la population avaient de l'argent mais il n'y avait pas grand chose dans les magasins. Dans nos pays, les magasins débordent mais la population n'a pas d'argent pour acheter. Une monnaie distributive correspond à ce qui est disponible sur le marché, on la fabrique en même temps que les biens et services sont fabriqués, et on la détruit lorsqu'on consomme les biens et services. L'argent redevient un moyen d'échange, on ne peut plus spéculer, il n'y a plus d'inflation. (cf. présentation de la monnaie distributive sur

http://ecodistributive.chez-alice.fr et dans la revue La Grande Relève, vieille de 70 ans!)

C'est la seule façon de résoudre les problèmes économiques ET environnementaux ET sociaux.

 

Beaucoup des commentaires sur le film ne critiquent que les aspects financiers, c'est dommage. N'oublions pas qu'aujourd'hui, nous sommes tous contraint par l'obligation de rentabilité financière, même dans l'Economie Sociale et Solidaire, même avec les propositions de ce film ou celles de Maurice Allais.

 

 

PS : pour Alev : pour voir ce qui se produit pour un pays sur-endetté qui ne peut pas rembourser, voyez du côté des pays du Sud qui pâtissent des diktats du FMI : obligation d'ouvrir l'économie aux spoliations étrangères, destruction de l'autonomie alimentaire, des services publics...

Posté par Eric Goujot, 24 octobre 2008 à 16:50

remarques

 

un commentaire pour bankster (celui qui a mis cette video en ligne) mais qui préfère ne pas répondre

 

un documentaire déroutant , certes mais dont la demonstration est tellement parfaite qu'elle en devient source de questionnements. et puis cette idée sous jacente de conspirationnisme me derange.

que les banques commerciales aient le pouvoir ( énorme certes) de pouvoir créer de la monnaie a partir de rien , OK

que le système soit basé sur un endettement perpetuel certes mais pas illimité comme le doc le laisse supposer l'endettement peut continuer tant que cette dette est crédible, c'est à dire que les débiteurs peuvent rembourser , on voit ce qui se passe lorsque cette confiance dans la capacité de remboursement disparait.

 

mais pourquoi le doc fait abstraction de la question du refinancement, du marché inter bancaire , de la monnaie centrale. Lorsqu'elles accordent un crédit , les banques ont l'obligation de se refinancer pour faire face aux demandes de monnaie centrale (on parle dans les media de liquidités): or cette monnaie centrale a un prix: les taux d'intérets directeurs determinés par la banque centrale qui devient de fait l'élément moteur de la création monétaire.

En clair, les banques commerciales n'ont pas un pouvoir de création monétaire illimitée mais encadré par la banque centrale.

problème, effectivement, cette banque centrale est indépendante des pouvoirs politiques et des citoyens (ok, le lien n'est pas evident mais ce n'est pas le sujet ici) alors qu'elle dispose d'un pouvoir gigantesque

autre problème, avec le mouvement de dérégulation des marchés financiers en application des idées de milton Fridman d'ailleurs (je ne comprens pas d'ailleurs pourquoi vous le citez comme un economiste qui dénonce ce système, c'est lui qui prone l'independance des banques centrales!!!!!),

les banques ont placé des sommes colossales dans des produits fiananciers complexes et opaques et surtout risqués (credits titrisés, derivés de crédits etc) qui ont fait faire des profits énormes jusqu'au jour ou les prix de ces produits risqués ont degringolé ( d'actifs risqués, ils sont devenus des actifs toxiques) obligeant alors les Etats et les Banques centrales à investir des centaines de milliards sous peine de voir le système bancaire et financier s'effondrer. (ce qui va couter cher au contribuable , on est d'accord)

mais bon, difficile de resumer la crise financiere en quelque lignes.

 

pour revenir à ce doc et les relents conspirationnistes qu'il contient, les banques commerciales nous asservissent en faisant payer a tous les acteurs économiques (ménages, entreprises et Etat) des intérets sur de l'argent qui n'existe pas, loin de moi la volonté de défendre les banques (leur objectif est bien de faire du profit et pas du social) mais le problème est que c'est une vision trés simpliste. On peut nationaliser les banques ( une solution plus juste socialement) , ca n'empechera pas que nous continuerons a nous endetter auprés de banques qui créeront de l'argent-dette (a partir de rien)

pour quelques infos sur paul grignon, il est toujours interessant de connaitre les orientations de l'auteur.

paulgrignon.netfirms.com/CAP-PAC_Flash/Flash_PAC_Francais.html

Posté par fab, 25 octobre 2008 à 01:23

correction adresse

 

erreur d'adresse, voici celle qui,fonctionne;

 

http://paulgrignon.netfirms.com/CAP-PAC_Flash/Flash_PAC_Francais.html

il a l'air particulier ce parti politique,

ety je le sens pas trés a gauche, non!!!

Posté par fab, 25 octobre 2008 à 01:28

Ne pas se tromper de cible...

 

Je trouve le travail de Paul Grignon absolument remarquable sur le plan pédagogique et graphique et je lui tire mon chapeau!

 

En revanche, je suis assez surpris des réactions qu'il déclenche et de l'engouement qu'il suscite chez des militants de gauche... et j'ai beaucoup moins de peine à imaginer ce que pourront en faire des gens d'extrême droite qui y trouveront la confirmation de thèses nauséabondes. En effet, d'un strict point de vue de théorie économique, ce film est de nature à conforter les thèses les plus réactionnaires.

 

Le banquier joue dans l'économie un rôle positif et indispensable: la fonction de "transformation". Il transforme un actif patrimonial en un actif liquide, un actif indisponible en un actif circulant, un actif futur en un actif immédiatement disponible, bref, il favorise une économie d'entrepreneurs au détriment d'une économie de rentiers et de nantis.

 

Un exemple extrait du film: le type qui va emprunter 10000$ pour acheter une belle voiture.

Le banquier sort l'argent de son chapeau. C'est un illusionniste, un escroc qui fabrique de la monnaie par un tour de passe-passe. En fait, le banquier prête 10000 sous une forme liquide qui permet la transaction et prend un gage sur la bagnole. En réalité, le seul tout de passe-passe consiste à donner une forme monétaire à un actif incorporel.

Mais remplaçons le type qui s'achète une bagnole de luxe par un industriel qui veut emprunter pour construire une usine.

Le banquier crée les liquidités qui vont permettre à l'entrepreneur d'investir, de créer des emplois, de produire des biens dans l'économie réelle, de verser des salaires, avec lesquels les salariés vont acquérir un pouvoir d'achat qui entraîne une demande.... On reconnaît le schéma keynésien où le vrai entrepreneur anticipe la demande et crée l'emploi et le revenu qui l'absorbera. Sans banquier au départ, rien n'est possible.

Rien de choquant là-dedans.

 

Mais les braves gens peu calés en comptabilité garderont l'image du banquier qui sort l'argent d'un chapeau.

Ils pensent que le banquier ne devrait prêter que de l'argent d'abord épargné et déposé par ses clients, et pas un sou de plus. Or, cela, c'est la thèse des économistes réactionnaires: "les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain" qui postule qu'il faut épargner AVANT. C'est la thèse de l'économie de l'offre (reagonomics, Chicago boys et autres Von Hayek...): distribuer le moins de revenu possible au travail ( les salariés consomment, crime inexpiable) et amasser autant que possible de grosses fortunes qui elles iront gonfler les coffres des banques sans création monétaire. Ca, ce n'est plus un capitalisme d'entrepreneurs et de managers, c'est un capitalisme de grosses fortunes acquises au détriment du travail.

Choisissez votre camp: vous préférez le banquier qui crée des liquidités pour alimenter l'investissement ou le banquier qui gère les patrimoines accumulés par les rentiers fortunés? L'argent-dette, c'est justement la bonne monnaie, celle qui fait des petits dans l'économie réelle, pas celle qui est ponctionnée sur le revenu du travail.

 

Mais il y a pire, car on se trompe deux fois de cible.

 

On confond Banque et Finance. Le banquier crée de la monnaie: bravo ! La Finance non: les traders à la Kerviel brassent des sommes pharaoniques mais dans un jeu à somme nulle. Les 5 milliards de la Société Générale ou les 600 millions de la Caisse d'Epargne n'ont pas été perdus, ne sont pas "partis en fumée". Ils ont simplement changé de mains: pas perdus pour tout le monde ! Or les transactions "réelles" représentent à peine 2% de l'activité totale des marchés financiers, des sommes astronomiques qui malheureusement n'ont pas été sorties du chapeau des financiers, pas fabriquées par les financiers mais belles et bien été distraites ... bof, disons le mot, détournées vers l'économie casino.

Moi, j'aimerais bien que la Caisse d'Epargne continue à produire de l'argent-dette pour financer le logement social.

Au lieu de ça, elle a trouvé plus moderne d'aller jouer sur des "produits dérivés". Sous le produit dérivé, plus ou moins "structuré", il y a toujours un "sous-jacent" créé dans l'économie réelle. La finance de marché n'est ni plus ni moins qu'un énorme jeu de bonneteau où on peut décrocher d'énormes jackpots en faisant tourner l'argent à toute vitesse... mais toujours au détriment des joueurs. Ce marché-là ne produit pas de monnaie, hélas, il joue celui de la banque.

Crier haro sur l'argent-dette, c'est servir la soupe à la finance de marché.

Par les temps qui courent, ça ne me semble pas tellement une idée progressiste et sociale.

Posté par Ruy Blas, 25 octobre 2008 à 18:44

Une monnaie publique

 

D'accord avec vous sur l'économie casino qui pourri le fruit. Le banquier qui prête pour faire tourner l'économie? Ok! Mais que faites vous des intérêts? Pourquoi un banquier ou plus précisément un capitaliste peut se remplir les poches sans rien faire sous prétexte qu'il a de l'argent à prêter? Pourquoi? Parce qu'il s'en prive et qu'il pourrait en faire autre chose? Parce qu'il court un risque de ne plus revoir cet argent après l'avoir prêté! Là est la véritable raison.

 

Etrange cette manière de grossir "quelque chose" (valeur, pouvoir) qui n'existe pas encore sous prétexte du risque de son existence. Plus le risque est élevé, plus les chances de réussites sont faibles et plus l'emprunteur devra payer au prêteur! Un bon moyen de dissuasion de mauvaises idées en somme?

 

Moyen d'autant dissuasif qu'injuste et discriminant que le seul maître de jeux est un individu, détenteur de capitaux, parfois altruiste mais aussi très souvent égoïste et glouton. Le néolibéralisme a érigé en vertu les pires de nos vices: égoïsme, avarice, vanité, compétition...

 

L'Etat n'aurait jamais dû céder son droit régalien de création monétaire. Dans la mesure où la monnaie est un bien public et que notre conception de la richesse fait intervenir bien plus la valeur d'échange alors oui, l'intérêt est légitime et sert de juste baromètre à de futurs haut potentiels écologiques et sociaux.

Posté par PLOUTOPIA, 28 octobre 2008 à 00:29

Valeur d'usage vs valeur d'échange

 

Petite erreur dans mon post précédent. Il manque un "QUE" dans la deuxième phrase!

 

L'Etat n'aurait jamais dû céder son droit régalien de création monétaire. Dans la mesure où la monnaie est un bien public et que notre conception de la richesse fait intervenir bien plus QUE la valeur d'échange (valeur d'usage) alors oui, l'intérêt est légitime et sert de juste baromètre à de futurs haut potentiels écologiques et sociaux.

Posté par PLOUTOPIA, 28 octobre 2008 à 00:33

Illusion

 

Merci pour la vidéo.

 

Cependant le raisonnement est vicieux, car, en partant d'une notion saine il dénature sa salubrité en puisant les exemples dans les détournements effectués par des prédateurs.

 

Revenons à l'origine de la monnaie :

 

L'homme est physiquement un animal.

L'animal est par essence un consommateur : pour survivre il puise dans les ressources qui l'entourent : végétaux ou proies.

Mais l'homme a, en plus de l'animal, la capacité d'inventer et de produire. Il est à la fois consommateur et producteur. Grâce à cela, il produit plus qu'il ne consomme (plus-value produite par le génie humain), ce qui permet à la fois le progrès et le développement démographique.

 

Au début on échangeait du blé contre de la viande ou des vêtements. Plus tard la diversité des produits a nécessité la création d'une "valeur d'échange" permettant, non pas d'échanger son produit contre un produit dont on n'avait que faire, mais de l'échanger contre cette "valeur" qui permettra d'obtenir le produit dont on a besoin. Cela devenait nécessaire dès lors que l'on dépassait le cadre local pour des échanges entre régions lointaines : huile d'olive contre blé, épices contre chevaux, etc. Au troc s'est donc substitué la monnaie, l'argent.

 

Mais cet argent n'a de valeur que par le travail ayant produit une plus-value. C'est une valeur représentative, donc virtuelle, de ce travail.

C'est lorsque la bourse le dénature en lui donnant une valeur réelle, une valeur pour lui-même, que tout le système économique est perturbé, déséquilibré, que les riches plus ou moins oisifs s'enrichissent et que les masses productrices s'appauvrissent.

 

La bourse, créée à l'origine pour accélérer l'essor industriel, est devenu un vulgaire tripot.

 

Par conséquent créer de l'argent pour de l'argent c'est encore entrer dans cette confusion entre virtuel et réel, et cela d'autant que le cadre de l'économie est planétaire. Ce qui accroit le nombre de prédateur et multiplie leur capacité de malfaisance.

 

A bientôt

Bernard

Posté par Dominé, 03 novembre 2008 à 10:27

Comment détourner un propos : rue89

 

Je fais partie de ces gens qui ont beaucoup de mal à recoller les morceaux quand on parle de finance mondiale.

J'ai regardé cette vidéo que j'ai trouvée très instructive malgré quelques digressions conspirationnistes (Et pas forcément antisémites !!) qui n'engagent que l'auteur. Je cherche à me vérifier la véracité de ses propos "techniques" sur le système (Je laisse de côté la conspiration) et il me semble que l'ensemble est relativement juste même si c'est résumé pour les béotiens comme moi.

 

Dans ce esprit, j'ai lu l'article de Paul Riché sur rue89 et je ne l'ai pas trouvé objectif. Je cite :

"Beaucoup vantent les mérites pédagogiques de "l'argent dette" sans commentaires. C'est le cas de journaux comme Libération, ou de chercheurs comme André Gunthert, de l'EHESS. Il y a pourtant de quoi prendre ses distances, car si on lit bien entre les lignes, que dit cette vidéo?"

Si l'on lit bien son article il réduit cette vidéo à un tissus de théories de la conspiration émaillé d'erreurs sur le système bancaire mondial. Il ne dit à aucun moment que cette vidéo présente le système bancaire d'une façon réaliste.

Je ne considère pas ça comme un travail de journaliste. Je veux bien qu'il donne son avis personnel mais que cet avis soit clairement identifié dans son propos.

Il participe parfaitement à la théorie du complot puisqu'il désinforme ses lecteurs et met en lumière l'aspect le moins intéressant du documentaire (Serait t'il financé par les banquiers ? :-D )

Posté par galvorn, 23 novembre 2008 à 18:05

 

une autre video interessante si vous avez lez temmps

 

http://www.dailymotion.com/video/xryjf_le-jeu-de-largent-archives-oubliees

 

LES ARCHIVES OUBLIEES N°2 - Documentaire Canadien - Le controle et la création du dollar américain est effectué, non pas par le gouvernement, mais par une banque privée "la réserve fédérale" (FED) qui détient le monopole. - 46min -

Posté par maxime, 02 mars 2009 à 17:45

 

Je ne rentrerais pas dans des détails techniques que je ne connais que trop mal, cependant je voulais repondre à ceux qui pensent que les banquiers sont indispensables et que l'emprunt est nécessaire. Dans notre système d'accord , seulement faites l'effort mental très difficile de l'abstraction une seconde, car je vois que vous ne parvenez pas à penser "hors de la boite".

Sans emprunt rien n'est possible ? et pourtant n'est ce pas, à long terme, une chose simplement vaine???

C'est sur c'est bien pratique d'emprunter pour creer une usine et des emplois, cependant n'est ce pas un jeu dont les dés sont pipés dès le départ, une logique simplement irrémediable?

Vous pensez à court terme, 5, 10 voire 200 ans si vous voulez mais cela restera une logique à court terme, vous pensez pouvoir réequilibrer par des stratagèmes contextuels mais ces stratagèmes doivent etre constament réinventés.

Simplement il est tres difficile d'imaginer le monde sans l'emprunt à interet , ou en serions nous? Sans doutes biennnnn moins industrialisés , mais les problemes economiques et sociaux, les guerres perpetuelles, les principaux maux de notre société auraient ils put émergés de la meme facon? L'emprunt à interets n'est il pas simplement une question éthique ? Raison pour laquelle il y a bien longtemps il était interdit? Alors revendiquer cette liberté lorsque l'on sait ce qu'elle a put engendrer n'est ce pas contradictoire? C'est bien beau de vouloir toujours plus , mais;;;

La plus grosse difficultes est de penser "out of the box" car vos criteres sont culturellement conditionnés lorsque vous etes deja trop content d'avoir pu vous payer une bagnole pour allez bosser pour votre compagnie.Parlez de regression est un conditionnement, car c'est bien l'objet de la puissance du pouvoir d'aujourd hui de nous avoir fournit un certain "confort". Les sociétés differentes se font massacrés les une apres les autres, ceux qui ont survécus à la colonisation n'ont plus le choix desormais, c'est ce qu'on appelle la mondialisation , cependant n'est ce pas la preuve de cultures ou parlons de spiritualités, bien plus subtiles que la notre, que des peuples se soient toujours désinteressés de la notion de progrès.

Posté par silence, 04 juin 2009 à 03:44

Pour bien comprendre...

 

Bonjour,

Je suis dans une démarche de vouloir comprendre le système dans lequel on vit. Je ne veux pas le défendre ni l'accuser, mais déjà le comprendre. Alors voici ce qui me tracasse.

 

Il me semblait avoir compris qu'il y a un cercle vicieux dans le fait qu'il faut emprunter pour payer les intérêts. Par conséquent, il y a forcément augmentation exponentielle de la dette.

J'ai alors essayé de m'imaginer ce mécanisme et je me rends compte que l'argent payé aux banques sous forme d'intérêt ne disparaît pas de l'économie. Les banques dépensent cet argent pour payer des salaires (et des bonus), organiser leurs assemblées générales, agencer les beaux locaux, etc..

L'intérêt peut être vu comme le payement d'un service, exactement comme tout autre service que l’on trouve dans l’économie.

Si je comprends bien, ce n'est donc pas juste de dire que les intérêts doivent être payé avec de l'argent qui n'existe pas et qui doit donc être emprunté.

Toute réaction pour confirmer ou corriger ceci, c'est la bienvenue.

 

Deuxièmement, j'ai l'impression qu'on pointe du doigt la notion d'intérêt comme étant celle qui rend absurde le système, mais est-ce que ce n'est pas plutôt la notion de fortune qui fait défaut ?

En effet, chaque fois que quelqu'un a une fortune (a de l'argent en banque), cela signifie que quelqu'un d'autre a une dette correspondante. Si c'est une dette publique, je ne sais pas, mais si c'est une dette privée, c'est franchement pas terriblement étique de stocker de l'argent.

En d'autres termes, qui est-il endetté pour que je puisse avoir de l'argent dans ma caisse de retraite ?

Ici aussi, je suis demandeur de confirmations ou de corrections.

 

Merci.

Posté par Gab, 13 juillet 2009 à 14:09

Re: Pour bien comprendre

 

Bonjour,

 

Vous avez tout à fait raison sur votre 1er point. D'ailleurs, c'est l'une des questions qui est le plus critiquable dans le film (voir la discussion que j'ai eu au début des commentaires).

 

Je ne comprends pas très bien le sens de votre deuxième point. En revanche, je peux vous dire qu'en général, il n'y a aucune vraie thésaurisation. L'argnet en banque est toujours utilisé par celle-ci et circule dans l'économie. Ce qui est une bonne chose.

 

De manière générale, il ne faut pas trop prêter attention au caractère complotiste de la vidéo. La théorie monétaire est enseignée, le rôle des banques dans l'économie est bien connu, et il n'y a aucun mystère dans leurs agissements. Cela ne veut pas dire que le système actuel ne soit pas perfectible, ni que les banques ne soient pour rien dans la crise actuelle. Mais en l'occurrence, ce n'est pas leur activité de création monétaire qui pose aujourd'hui problème, mais leurs activités de marché. Bref, cette vidéo n'est qu'un élément d'un débat beaucoup plus vaste que l'on pourrait mener sur le fonctionnement de notre système économique.

Posté par Novemberleaf, 13 juillet 2009 à 14:27

Pour bien comprendre (précisions)

 

Merci pour votre réponse.

Je précise un peu mieux mon deuxième point avec un exemple : 10 personnes font des échanges commerciaux. Les échanges sont équitables et tous augmentent leurs biens et leur qualité de vie. Cela peut très bien se passer sans argent (avec des trocs), mais il peut se passer exactement de la même manière avec de l’argent. Il suffit que l’un des 10 joue le rôle du banquier et qu’un autre (ou plusieurs) emprunte une somme suffisante pour que les échanges puissent avoir lieu. À la fin des transactions, si personne n’a retenu de l’argent, celui qui a emprunté peut rendre l’argent et tous se retrouvent sans argent mais en ayant augmenté leurs biens et leur qualité de vie.

Dans cet exemple simpliste, l’argent est vraiment un outil d’échange. La chose se gâte lorsque quelqu’un garder de l’argent en réserve. A ce moment, l’emprunt qui a généré l’argent ne peut pas être remboursé. Donc, à chaque fois que l’on garde de l’argent, quelqu’un d’autre garde sa dette.

Si l’argent est dans une banque, ça ne change rien. Si quelqu’un a un compte en banque avec un montant dessus, quelqu’un d’autre doit avoir un compte avec un chiffre négatif dessus.

A noter que dans l’exemple ci dessus, les gens peuvent s’enrichir en biens et en qualité de vie, sans générer de dettes. Par contre, personne ne peut s’enrichir en argent sans générer des dettes.

Maintenant, je sais qu’une grande partie de la dette est sur le dos de l’état et non pas sur celui de privés, mais…

Suis-je a coté de la plaque ?

Salutations.

Posté par Gab, 13 juillet 2009 à 22:06

mes réflexions

 

Voilà ma contribution.

 

Les intérêts que prennent les banques ne sont pas un problème SI ils sont réinjectés gratuitement (échangé par un bien ou un travail) dans

 

l'économie. Nous sommes bien d'accord?

 

Il est donc nécessaire de savoir à quoi servent les intérêts.

 

Les intérêts servent :

à payer les charges, dont les salaires, de la banque,

à provisionner les défauts de paiement des crédits en cours,

à payer les intérêts aux comptes créditeurs de la banque

à faire des bénéfices qui servent :

à payer l'interessement et la participation des salariés,

aux investissements de la banque,

au paiement des actionnaires,

à l'augmentation de la trésorerie de la banque.

 

La majorité des personnes physiques et morales (appartenant d'ailleurs en bout de chaîne à des personnes physiques) qui bénéficient de ces

 

intérêts, les réinjectent gratuitement, tout de suite ou à terme (lors de la concrétisation d'un projet), dans le système économique.

 

Mais ça ne se passe pas ainsi pour une toute petite minorité de personnes :

Cette minorité bénéficie d'un gros montant d'intérêts. Elle réinjectera gratuitement une partie de ces intérêts dans le système économique en

 

l'échangeant contre des services et des biens qu'elle estime nécessaire. Mais l'autre partie, qu'elle n'a pas besoin, elle va la réinjecter

 

dans le système économique sous forme de prêt. Elle demandera au système économique de lui restituer le capital avec un montant

 

supplémentaire.

 

En schématisant, cette minorité ne travaille pas. Elle prête son argent au système économique qui va :

travailler pour lui rembourser le capital,

travailler un peu plus pour lui rembourser les intérêts.

Les intérêts perçus permettrons à cette minorité :

de vivre ( au passage, le système économique travail pour que vive cette minorité. Ca s'appelle aussi l'esclavage)

de prêter d'avantage. (Augmentant ainsi les intérêts et donc la quantité de travail nécessaire à rembourser ces nouveaux intérêts)

 

Nous tombons ainsi dans un cercle vicieux qui permet à une minorité de financier, rentier, usurier,... (choisissez le terme), de bénéficier

 

d'une part toujours plus importante du travail fourni par le reste de la population.

 

On ne peut pas supprimer cette minorité, mais en votant des lois qui empêcheraient le travail de l'argent et en utilisant la taxation, on

 

pourrait la forcer à réinjecter cet argent dans le système économique.

Pour empêcher le travail de l'argent, il faut forcément nationaliser les banques

 

Commenter cet article