Soral résumé sur les drogues

Publié le par contrepoison

Bloc-notes N°32 La dope pour ce que j’en connais Publié le : vendredi 12 février Auteur(s) : Alain Soral Mots-clés : société 12345 10 votes La figure étant imposée et – parcours de vieux branché oblige – me retrouvant malgré moi le plus apte de l’équipe à traiter la question, je vais m’efforcer, pour ne pas choquer nos lecteurs de droite, ne pas embarrasser mes vieux copains de gauche et ne pas fournir à la maréchaussée un énième prétexte à persécutions par des souvenirs trop précis, de prendre un peu de hauteur et de recul sur ce brûlant sujet.



La drogue donc… Si on l’observe à travers les âges, il me semble qu’elle a toujours été de trois ordres : D’abord liée au religieux, avec les breuvages nécessaires au chamane pour aider ses visions – mescaline, potion magique des druides… Liée à la misère ensuite, pour aider le travailleur à supporter son sort – alcool, shit aujourd’hui. Liée au luxe enfin, pour aider l’oisif mondain à jouir plus pleinement de la fête – champagne, cocaïne… Religion, misère, luxe… dans les trois cas cependant, la drogue est là pour aider l’homme à sublimer un réel jugé insuffisant ou insupportable. La brune, la blanche, l’herbe et les médocs Si on s’intéresse plutôt à la géographie de la drogue, ça donne aussi : Provenant du Maghreb, Le hachisch (ou shit), aujourd’hui drogue majoritaire des jeunes et des banlieues. Provenant plutôt de la Caraïbe, Jamaïque… la Marie-Jeanne (appelée herbe) plus rare et plus subtile, souvent liée à l’univers des musiciens. Deux drogues constituant l’essentiel de la fumette et classifiées “drogues douces”, par opposition aux “drogues dures” – les vraies drogues pour initiés. D’abord les opiacés : opium, puis morphine, puis héroïne, brune et blanche, venues d’Extrême Orient (pavot) et ramenées en France, avant les hippies, par nos colons indochinois. La cocaïne provenant, elle, d’Amérique latine et transitant aujourd’hui par le show-business et l’Espagne. Enfin, produits directement par nos laboratoires occidentaux : Le LSD, acide lysergique mis au point à l’origine en Suisse pour traiter les fous, répandu ensuite dans la jeunesse protestataire et estudiantine par Timothy Leary et ces acid-tests californiens à partir de 1966. Une drogue très liée aux utopies 70, aujourd’hui en déclin dans notre Occident de plus en plus désenchanté. Le speed (amphétamine), excitant souvent détourné de médicaments coupe-faim (Dinentel, Captagon…). Toutes drogues occidentales et urbaines que l’on peut conclure par le crack (dérivé de cocaïne) venu tout droit des ghettos sous-prolétaires et du malaise nord-américain. Voilà pour un rapide panorama des drogues par leurs zones d’influences et géographie… Jeunisme et massification Si l’on veut s’adonner ensuite à une sociologie plus approfondie, on constate d’abord une massification de la prise de drogue à partir des années 70, liée à la mouvance pop et au mouvement hippy (généralisation de la fumette, shit, marie-jeanne, trip d’acides, montée de l’addiction à l’héroïne, puis montée au puissance de la cocaïne…). Massification qui s’accompagne d’une tendance au jeunisme. La drogue, autrefois pratique adulte (musiciens de jazz, ex- soldats de l’Indo, comme on peut le lire dans les romans d’Auguste Le Breton, style Razzia sur la chnouf) devenant une pratique majoritairement adolescente et post-adolescente. Une massification et un rajeunissement de la clientèle qui s’accompagnent logiquement d’une baisse tendancielle des prix, notamment des drogues dures par rapport aux drogues douces (un gramme d’héroïne coûte le même prix aujourd’hui qu’en 1970, soit 800 francs, mais à l’époque ça représentait un SMIC ! Idem en gros pour la cocaïne). Une massification et une baisse des prix qui s’accompagnent aussi, fatalement, de la baisse de qualité des produits : le shit de base (dit marocain) étant de plus en plus dégueulasse (coupé au henné, au vieux pneu…), l’héroïne, réduite au brown, contenant de moins en moins d’extrait de pavot au profit de sédatifs, laxatifs (encore plus embêtant) quand ce n’est pas du poison : strychnine, mort au rat… Drogue et rapports de classes Mais cette approche sociale ne serait pas complète si nous n’abordions pas aussi la drogue – gauche du travail oblige – sous l’angle des rapports de classes… Disons que, traditionnellement et en gros, le shit c’est pour les pauvres, la cocaïne et l’héroïne – blanche (de plus en plus rare) – pour les riches. Le fumeur de chichon se recrutant chez les lycéens et les prolétaires, le camé aux drogues dures plutôt chez les déclassés de la grande bourgeoisie et les gens du spectacle (une fois leur carrière assurée). Le top – style Keith Richard [L’immortel, c’est le mot, guitaristes des Rolling Stones. NDLR] – étant le shooté à la coke (en intramusculaire par insuline), pratique qui demande des revenus de pop star (comptez un minimum de 50 grammes par semaine et un changement complet du sang dans une clinique suisse une fois par an sous peine de mort). Une répartition par classes qui doit cependant être nuancée par deux phénomènes : La généralisation de l’héroïne brune – dite brown suggar, puis brown tout court – moins chère, au détriment de la blanche devenue introuvable qui entraîne, depuis 20 ans, une prolétarisation du junky (accro à l’héroïne). La fin du shoot (piqure en intraveineuse à l’aide d’une seringue souvent collective), due à l’apparition du sida à partir du milieu des années 80, qui entraîna parallèlement une mutation du shooté à la blanche vers le sniffeur de coke, chez le grand bourgeois. Un phénomène d’hégémonie progressive de la coke sur l’héro dans les milieux bourgeois qui s’accompagne – autre mutation – de la massification de la prise de cocaïne, autrefois drogue chère et d’élite, devenue depuis la fin des années 90 et la multiplication des réseaux espagnols, un loisir de plus en plus courant chez les cadres, les VRP et autres employés de bureau (couplée souvent à la pratique du poker, due cette fois à Patrick Bruel, ce qui n’est pas plus gai !) Une massification de la cocaïne, devenue activité festive de beauf qui s’accompagne malheureusement aussi de la baisse vertigineuse de la qualité. La cocaïne, autrefois drogue subtile et planante, étant aujourd’hui pratiquement réduite à du vulgaire speed – problème de nez bouché, tachycardie… Et pour en finir avec les idées reçues Voilà, je crois, un tour d’horizon assez juste de ce sulfureux sujet. Un traitement qui ne serait pas complet si nous ne finissions pas par casser aussi quelques idées reçues : Rappeler d’abord que la drogue est très répandue chez les sportifs de haut niveau, à commencer par les cyclistes. Rappelons que le “pot belge” – sans lequel les 6 jours n’en auraient pas duré 3 – était, déjà dans les années 30, un cocktail d’héroïne, de cocaïne et d’amphétamines (je suis moi-même venu au vélo par ce biais). Que les plus grands opiomanes, chez nous, furent d’abord les militaires et plus particulièrement les gradés (souvenirs d’Indochine). Que le plus grand propagandiste des produits stupéfiants, bien avant Cohn-Bendit la grande gueule, fut Sir Conan Doyle qui faisait prendre, dans l’Angleterre victorienne, une bonne dose de cocaïne à son Sherlock Holmes après chaque énigme résolue. Que, remarque subsidiaire, les vrais drogués aux drogues dures sont rarement revendicatifs et ne demandent nullement la régularisation d’un produit qu’ils savent antisocial et dangereux, assumant cette pratique transgressive, marginale et discrète pour ce qu’elle est… Et que, enfin, comme souvent, ceux qui en parlent le plus (genre militants signataires de “l’Appel du 18 joint”) sont, comme en sport, ceux qui pratiquent le moins.

Vive la vie saine et le grand air !

Tous ça est bienj joli mais il ne mentionne pas le tabac , l'alcool , etc . Il ne précise pas que toute société dispose de sa drogue traditionnelle pour le fun simplement cf les Papous eux-mêmes par exemple.
Deuxièmement il devrait tout de même indiquer que selon le savant français André Gernez , père des cellules souches et théoricien révolutionnaire de la cinétique cellulaire et j espère futur prix Nobel , le shit et toutes ces saloperies altèrent le cerveau et conduisent à la schizophrénie .

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